Le «mariage pour tous» répond-il aux attentes du mouvement LGBTQIA+?


Dans son document intitulé «Mariage pour tous - Questions relatives à la constitutionnalité», du 7 juillet 2016, l’Office fédéral de la justice (OFJ) se pose la question de la nécessité ou pas de modifier la Constitution pour ouvrir le mariage aux couples de même sexe.

Dans ses élucubrations sur la «notion de mariage et sa portée», l’OFJ en arrive à la conclusion que, bien que l’art. 14 de la Constitution vise uniquement le mariage monogame entre un homme et une femme, on ne peut pas en déduire que le législateur ne soit pas libre «d’ouvrir l’institution légale du mariage aux partenaires de même sexe.»

Notez déjà la précision: «monogame»! Curieux que l’OFJ doive préciser que le mariage en Suisse est considéré comme «monogame», non? Cela ne dénote-t-il pas la déviance qui nous pend au nez?

Pourquoi refuser le mariage polygame, le mariage polyandre et le mariage incestueux?

Car, après tout, pourquoi refuser le mariage polygame (homme uni à plusieurs femmes) et aussi le mariage polyandre (femme unie à plusieurs hommes)? Pourquoi également encore discriminer les amours incestueuses puisqu’il s’agit du «mariage pour tous»?

En vérité, cela révèle que la véritable signification de l’appellation «mariage pour tous» n’est pas le mariage pour tout le monde, mais bien le mariage pour tout type de communauté de vie.

Ce qui, vous en conviendrez, représente un abîme sans fond. D’ailleurs le projet n’est-il pas porté par des milieux qui se définissent eux-mêmes comme LGBTQIA+?

Mais que signifie ce sigle étrange qui ne cesse de s’allonger au fil des ans? En voici l’explication:

• L comme lesbienne. Une femme qui a des relations sexuelles avec une femme.

• G comme gay. Un homme qui a des relations sexuelles avec un homme.

• B comme bi. Une personne qui a des relations sexuelles avec un homme ou avec une femme.

• T comme trans. Une personne née homme ou née femme et qui ne se sent pas appartenir à ce genre. «Le terme transsexuel-le est parfois utilisé pour désigner plus spécifiquement les personnes trans opéré-e-s. Les personnes non-opéré-e-s peuvent être appelé-e-s trangenres. Pour éviter d’instaurer une hiérarchie, on préférera le terme ‘trans’, qui permet d’inclure la multiplicité des parcours et des identités», détaille l’AJL (Association des journalistes Lesbiennes, Gays, Bi, trans et intersexes), dans son «kit à l’usage des rédactions».

• Q comme queer. Sa définition est un peu plus floue, mais le terme est finalement très simple à comprendre : une personne se dit queer quand elle ne se reconnaît pas dans la sexualité hétérosexuelle, ou ne se sent pas appartenir à un genre défini.

• I comme intersexe. Les personnes intersexes ne sont nées ni homme ni femme.

• A comme asexuel. «Les personnes asexuelles ne ressentent pas le besoin de s’engager dans des relations sexuelles», explique l’association pour la visibilité asexuelle. Elles peuvent avoir des relations amoureuses mais revendiquent le droit à ne pas ressentir d’attirance physique.

• + comme tous les autres.

Ce mariage qui se dit "pour tous" ne réglemente que le cas des lesbiennes

Or le «mariage pour tous» ne réglemente que le cas des lesbiennes, ne réglemente même pas le désir d’enfants des gays et, en aucun cas, ne réglemente tous les autres cas BTQIA+.

Les parlementaires se sont arrêtés à la première lettre, L. Pourquoi ne pas traiter également les GBTQIA+ surtout dans le cadre d’une loi dénommée «mariage pour tous», qui prétend supprimer toute discrimination? N’est-ce pas un manque de courage? Ou bien un soupçon de conscience que tout cela va aller trop loin?

Les gays sont les grands perdants du "mariage pour tous". Pas de droit à l'enfant pour les gays, mais uniquement pour les lesbiennes.

Puisqu'il s'agit du "mariage pour tous", pourquoi refuser le mariage polygame, le mariage polyandre et le mariage incestueux?

Me priver de mon papa???